Institut de Recherche sur la Renaissance, l'âge Classique et les Lumières (IRCL - UMR 5186)


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Arrêt sur scène / Scene Focus
Une revue en ligne bilingue publiée par l'IRCL / A bilingual online journal published by the IRCL

 

N° 05 - 2016

 

Arrêt sur scène / Scene Focus
Mettre en scène(s)
L'École des femmes selon les sources historiques / Staging L'École des femmes according to historical sources

 

Dirigé par / Edited by
Mickaël Bouffard (Centre de musique baroque de Versailles)
Jean-Noël Laurenti (CESR, Université de Pau)
Bénédicte Louvat-Molozay (Université Paul-Valéry Montpellier 3)

 

189 pages

Illustration de couverture / Cover illustration : François Chauveau, Frontispice de L’École des femmes de Molière, 1663 ; mise en scène de L’École des femmes (2016), Mickaël Bouffard, Pierre-Alain Clerc, Jean-Noël Laurenti, Bénédicte Louvat-Molozay.

© Photo montage: Mickaël Bouffard

 

Présentation / Presentation

 

Sommaire / Contents

 

Résumés et notices bio-bibliographiques / Abstract and bio-biblios

 

 

Présentation / Presentation

 

Pendant deux ans, une équipe de chercheurs et de comédiens non professionnels a réuni et tenté de traduire en consignes de jeu l’ensemble des sources disponibles pour L’École des femmes de Molière en matière de prononciation, d’action oratoire, de lazzi, de placements, déplacements et gestes ainsi que de costumes, décor et musique des entractes. Ce programme collectif et international de recherche appliquée a abouti à la création d’un spectacle et s’est accompagné de journées d’études et conférences. Ce sont les résultats de ces travaux qui sont ici publiés, autour de trois domaines (le texte mis en scène, la musique des entractes et le décor), et avec deux prolongements audiovisuels : l’enregistrement de l’intégralité des entractes musicaux et la captation des actes I et V de la pièce, dans la mise en scène présentée à la Vignette le 4 mai 2016. D’importants compléments du numéro (vidéos et documents) sont disponibles sur https://alexandrin.org.

Over a period of two years, a team of researchers and non-professional actors met and tried to translate into stage instructions all the available sources for Molière’s L’École des femmes in terms of pronunciation, oratory action, lazzi, blocking, movements, gestures, costumes, scenery and musical interludes. This collective and international program of applied research culminated in a staging of the play and was accompanied by seminars and conferences. The results of this work are published in this volume, which covers three areas (staging the text, musical interludes and scenery), with two audiovisual extensions (the recording of all the musical interludes and of acts I and V of the drama, in the staging presented at la Vignette on May 4, 2016). Important complementary resources (videos and documents) are available on https://alexandrin.org.

Ont participé à ce numéro/Contributors : Olivier Bettens, Mickaël Bouffard, Céline Candiard, Philippe Caron, Pierre-Alain Clerc, Marc Douguet, Matthieu Franchin, Gérard Geay, Cyril Lachèze, Jean-Noël Laurenti, Bénédicte Louvat-Molozay, Pierre Pasquier, Tiphaine Poquet, Frédéric Sprogis

 

Entractes/Musical Interludes : Enregistrement effectué le 21 novembre 2016 dans la salle Varèse du CNSMD de Lyon par Daniel Poupinet, avec Odile Edouard, Violon scuola Maggini Brescia XVIIe siècle ; Angelina Hozhofer, Haute Contre de violon réalisée par Olivier Pont en 2015 d’après un modèle fin XVIe siècle ; Louise Moreau, Taille de violon réalisée par Frédéric Becker en 1990 d’après un modèle XVIIe siècle ; Sarah van Oudenhove, Basse de violon réalisée par Olivier Pont d’après un modèle fin XVIe siècle ; 4 archets modèle fin XVIe siècle en cormier réalisés par Nelly Poidevin. Remerciements au CNSMD de Lyon, à D. Poupinet et à Anne Delafosse

 

 

Sommaire / Contents

 

Mickaël Bouffard, Jean-Noël Laurenti et Bénédicte Louvat-Molozay
Présentation : L’école des sources : de l’archéologie à la mise en scène : p. 1-9

Frédéric Sprogis (Paris) et Tiphaine Poquet (ENS de Lyon) :
Prologue : Vivre une mise en scène « historiquement informée ». Parcours de recherche et formation des comédiens : p. 11-23

I. Le texte mis en scène
Olivier Bettens (Lausanne) et Philippe Caron (Université de Poitiers)
Du bon usage des grammairiens aux prononciations de la comédie. Conjectures et esquisse d’une méthode : p. 25-40

Pierre-Alain Clerc (HEM Genève - CNSMD de Lyon)
Le comédien au service de la rhétorique : p. 41-54

Jean-Noël Laurenti (CESR, Université de Pau) et Bénédicte Louvat-Molozay (IRCL, Université Paul – Valéry Montpellier 3)
La notion de « naturel » et la place de l’« écart » dans les genres dramatiques : p. 55-71

Céline Candiard (IHRIM, Université de Lyon 2)
Le rôle d’Agnès et les conventions théâtrales dans L’École des femmes : p. 73-82

Mickaël Bouffard (CMBV)
Civilités et incivilités dans L’École des femmes. Le texte de Molière à l’épreuve du plateau : p. 83-100

Bénédicte Louvat-Molozay (IRCL, Université Paul – Valéry Montpellier 3)
L’obscénité : du texte à la scène : p. 101-110

II. La musique des entractes
Matthieu Franchin (Paris-Sorbonne)
Les entractes musicaux de L’École des femmes : méthodologie pour une restitution archéologique : p. 111-142

Gérard Geay (GREAM, Université de Strasbourg)
Deux pièces restaurées pour la représentation de L’École des femmes : p. 143-151

Cyril Lachèze (IHMC, Paris I-Panthéon-Sorbonne)
Le jeu du violon en France dans la seconde moitié du XVIIe siècle : p. 153-159

Entractes
Partitions: voir l'annexe de l'article de Matthieu Franchin
À écouter :
- Lully, Ballet de Toulouse (1660) : Ouverture
- Jacques Cordier, dit Bocan : La Bocanne
- Anonyme, Le Branle de Metz
- Beauchamps, Les Fâcheux (1661) : Savetiers et Ravaudeuses
- Lully, Ballet d’Alcidiane (1658) : Chaconne des Maures

III. Le décor
Pierre Pasquier (CESR, Université de Tours)
Le décor de L’École des Femmes : hypothèses pour une reconstitution : p. 161-168

Marc Douguet (OBVIL, Université de Paris-Sorbonne)
Le hors-scène dans L’École des Femmes : p. 169-189

IV. Vidéo
Les actes I et V de L’École des femmes

D’importants compléments du numéro (vidéos et documents) sont disponibles sur https://alexandrin.org.

 

Résumés et notices bio-bibliographiques / Abstracts and bio-biblios

 

Olivier Bettens (Lausanne) et Philippe Caron (Université de Poitiers) 

Du bon usage des grammairiens aux prononciations de la comédie. Conjectures et esquisse d’une méthode
Cet article condense les lignes directrices de prononciation qui ont été données aux acteurs du projet « Pour une mise en scène de l’École des femmes à partir des sources historiques ». Il développe l’idée que la diction théâtrale est un mixte complexe et montre sur un certain nombre d’exemples les voies qui ont conduit à tel ou tel choix.
Preparing a historically reliable performance of Molière's École des Femmes: Investigating guidelines for prosody and pronunciation
This paper deals with the phonetic and prosodic guidelines that were given to the actors of the project “Performing Molière’s École des Femmes according to the historical sources”. It shows the complexity of the theatrical voice, both written and oral, public and conversational. It then offers a series of examples of the choices that were made among the complex set of variants of the time.

Olivier Bettens est historien de la déclamation du français. Sa réflexion sur la prosodie l’amène à concevoir des outils statistiques visant à l’étude rythmique et mélodique des vers mis en musique. Il a réalisé une édition électronique des œuvres en vers mesurés de Jean-Antoine de Baïf, ainsi que des textes phonétiques de Louis Meigret, auteur de la première grammaire française (1550). Une partie de sa recherche est accessible sur http://virga.org.
Olivier Bettens is a historian of the public pronunciation of the French language during the Renaissance and Neo-Classical periods. His comprehensive enquiry into the field of prosody led him to build a series of statistical tools aiming at a better understanding of the rhythmic proprieties of French verse in those periods. He is the author of an electronic edition of Jean-Antoine de Baïf's poetic works and of Louis Meigret's texts, printed in his semi-phonetic own spelling (Meigret is the author of the first French grammar, in 1550). Some of Bettens’s research is available online at http://virga.org.

Philippe Caron est professeur émérite à l’Université de Poitiers. Sa spécialité est l’histoire du français classique. Il s'est intéressé à l'histoire de la norme avec deux chantiers principaux : l'édition des 2400 remarques manuscrites inédites de l'Académie française sur la traduction française du Quinte-Curce par Vaugelas (Paris, Presses de l'École normale supérieure, 1997, en partenariat avec Wendy Ayres-Bennett) ; l’informatisation et l’étude critique du Dictionnaire critique de la langue française (Marseille, Mossy, 1787-1788 ; rééd. Niemeyer Verlag, Tübingen 1994) de Jean-François Féraud. Il travaille actuellement sur la prononciation du français vers 1700 dans sa diction haute.
Philippe Caron is professor emeritus at the University of Poitiers, France. His research area is the history of Classical French. Currently, his major projects are an edition of the French Academy’s Observations sur les Remarques de Vaugelas; a critical approach to both the concept of “pre-classical French” and “periodization” ; collating and editing a large amount of data on the French pronunciation ca. 1700 for actors and singers wishing to retrieve the original pronunciation of the language. He is currently working on the pronunciation of French around 1700.

 

 

Mickaël Bouffard (Centre de musique baroque de Versailles)

Civilités et incivilités dans L’École des femmes. Le texte de Molière à l’épreuve du plateau
Cet essai s’attache à exhumer les techniques du corps de la civilité des années 1660, afin de mieux éclairer le texte de L’École des femmes et le jeu comique qu’il demande implicitement. Cette pièce de Molière crée des situations amusantes, tantôt en contrevenant aux codes de la civilité par des effronteries, des grimaces et des gestes injurieux, tantôt en l’appliquant de façon trop obséquieuse ou à contretemps. Cette démarche se fonde sur le croisement de sources variées (traités, iconographie, témoignages contemporains…) et leur mise en application concrète sur le plateau, faisant ainsi naître de nouvelles questions auxquelles il a parfois été possible d’apporter de nouvelles réponses. La mise en scène historiquement informée est présentée ici comme une démarche scientifique permettant d’arracher aux sources sur le jeu ancien des informations auxquelles les méthodes d’investigation traditionnelles n’étaient pas encore parvenues.
Civilities and incivilities in L’École des femmes: Molière’s text tested on stage
This essay focuses on the body language techniques of civility in the 1660s, in order to enlighten the text of Molière’s École des femmes and the acting it requires implicitly. The play creates comical situations either by transgressing the rules of propriety with insolent behaviour, grimacing and insulting gestures, or by applying them too obsequiously and inappropriately. The method applied in this essay crosses a variety of sources (treatises, iconography, contemporary testimonies…), and examines how they are applied on stage. This raises new questions about, and occasionally casts new light on 17th-century acting techniques that more traditional scholarly approaches had failed to elucidate.

Mickaël Bouffard est docteur en histoire de l’art, spécialiste des questions d’iconographie théâtrale (danse, opéra, comédie). Il est présentement chercheur associé au Centre de musique baroque de Versailles. Pendant les trois années où il fut invité au Centre André Chastel (Paris-Sorbonne/CNRS), puis à la Bibliothèque nationale de France, où il remporta en 2015 le prix Mark Pigott pour l’histoire de l’art, Mickaël Bouffard s’est attaché principalement à l’étude des images relatives au jeu de scène et au costume des XVIIe et XVIIIe siècles.
Mickaël Bouffard holds a PhD in art history, and is specialized in stage iconography (dance, opera, theater). He is currently an associate research fellow at the Centre de musique baroque de Versailles. During the past three years, he was a postdoctoral fellow at the Centre André Chastel (University Paris-Sorbonne/CNRS) and Bibliothèque nationale de France, where he won the Mark Pigott award in Art History, for his study of iconography related to performance and costumes in the 17th and 18th centuries.

 

 

Céline Candiard (IHRIM, Université de Lyon 2)

Le rôle d’Agnès et les conventions théâtrales dans L’École des femmes 
Dès la création de L’École des femmes, la transformation soudaine qu’y subit le personnage d’Agnès a été jugée déroutante ou peu vraisemblable. Si les défenseurs contemporains de Molière veulent y voir un refus de la convention comique et une volonté de peindre les miracles naturels de l’amour, l’historien du théâtre pourra cependant rattacher Agnès à la convention comique, à condition de renoncer à l’idée d’un « emploi d’ingénue » qui lui donnerait sa cohérence : Agnès serait en réalité un montage entre le rôle de l’amoureuse de comédie, qu’elle assumerait à l’acte V, et le rôle féminin nécessairement grivois, fût-ce malgré lui, de la farce, telle qu’elle apparaît lors de toutes ses interventions des trois premiers actes.
The part of Agnès and dramatic conventions in L’École des femmes
From the very first performance of L’École des femmes the character of Agnès was variously criticised for being too disconcerting or too unrealistic. Molière’s supporters have sgen io |his portrayal of Agnès a rejection of comedic conventions and a wish to depict the natural miracles of love in the human soul; but from a historical perspective, the part of Agnès can also be viewed in the light of the conventions of comedy, provided one is not tied to the idea of a coherent “ingénue” role type. Agnès would thus be the result of a mix between two conventional roles: a young woman in love, a comedy convention that she perfectly illustrates in act 5, and a saucy feminine role (sometimes unwittingly so) from farce, as in the first three acts.

Céline Candiard est maître de conférences en Études théâtrales à l’Université Lumière-Lyon 2, et spécialiste du genre comique dans l’Antiquité et la France des XVIIe et XVIIIIe siècles. Son premier ouvrage, Esclaves et valets vedettes sur les scènes de la Rome antique et la France d’Ancien Régime, paraîtra en 2017 aux éditions Honoré Champion.
Céline Candiard is a lecturer at the Department of Performing Arts, University Lumière Lyon 2, and a specialist of comedy in the Classical era and 17th- and 18th-century France. Her first book, Esclaves et valets vedettes sur les scènes de la Rome antique et la France d’Ancien Régime, is forthcoming from Honoré Champion in 2017.

 

 

Pierre-Alain Clerc (HEM Genève - CNSMD de Lyon)

Le comédien au service de la rhétorique
La rhétorique est omniprésente dans le théâtre du XVIIe siècle. Si l'inventio, la dispositio et l'elocutio sont l'œuvre de l'auteur, elles doivent être mises en valeur par l'actio du comédien. Sa voix prononce les mots dans leur expression juste, et révèle la grammaire. Elle façonne la forme des répliques par sa contention, sa tessiture, son débit. Elle sculpte les nombreuses figures qui ornent le propos, au rang desquels l'expolition occupe une place privilégiée, celle de principe argumentatif fréquemment utilisé. La voix révèle tout des personnages, leur rang social, leur caractère, leurs passions. Le geste est entièrement asservi à la voix, il la commente et l'accompagne au gré de la forme, des figures, des passions. L'éthos du comédien est celui du personnage qu'il joue, un éthos travesti qui distingue ce comédien de l'orateur sacré.
The comedian serves rhetoric
Rhetoric is ubiquitous in 17th-century drama. The author provides the inventio, dispositio and elocutio, but they must be fully revealed by the comedian’s actio. The full and exact expression of the words and the grammatical structure are conveyed by his voice. The dynamic, the height of the voice and the speed of delivery give each line its true meaning. His voice models the many decorative figures of speech, the most important of which is the expolitio, the common basic principle of argument. The voice reveals everything about the characters: their social status, their personality, their driving passions. Gestures are subservient to the voice, commenting and accompanying it in keeping with the various forms, figures of speech and passions. The comedian’s ethos is that of the character he is playing and not his own, and that is what sets him apart from the preacher.

Pierre-Alain Clercenseigne l'orgue, le clavecin, la basse continue et la rhétorique musicale dans les Conservatoires de Lausanne et Genève, et au CNSMD de Lyon. Son activité de concertiste, en soliste ou à la basse continue, s'exerce surtout dans le répertoire des XVIIe et XVIIIe siècles, mais aussi celui de l'orgue et de l'harmonium au XIXe. Il est l'auteur d'un Discours sur la rhétorique musicale et de plusieurs articles sur la déclamation classique française, notamment dans le cadre de l'ACRAS (Association pour un centre de recherche sur les arts du spectacle aux XVIIe et XVIIIe siècles). Il travaille fréquemment comme lecteur, récitant ou comédien.
Pierre-Alain Clerc teaches the organ, harpsichord, figured bass and musical rhetoric at the Lausanne and Geneva Conservatoires and the Lyons CNSMD. As a concert artist (solos or figured bass) he mainly performs 17th- and 18th-century works, but also strays into the 19th-century repertory for the organ and harmonium.  He is the author of a Discourse on rhetoric in music and a number of articles on French declamation in the classical period, especially for ACRAS (Association pour un centre de recherche sur les arts du spectacle aux XVIIe et XVIIIe siècles). He often performs as a reader, reciter or comedian.

 

 

Marc Douguet (OBVIL, Paris-Sorbonne)

Le hors-scène dans L’École des Femmes
Le balcon de la maison où Arnolphe garde Agnès occupe une place centrale dans L’École des femmes de Molière puisqu’il permet à la fois à la jeune fille de communiquer avec son amant Horace, et que ce dernier tente d’y monter pour s’introduire dans un domicile qui lui est défendu. Cette utilisation du balcon, on le sait, est extrêmement fréquente au théâtre, mais Molière réserve une place particulière à ce topos dans la mesure où, alors que la maison d’Agnès fait bien partie du décor, les scènes de balcon ne sont quant à elles jamais montrées au spectateur, et font toujours l’objet d’un récit postérieur. Il s’agira ici d’étudier les enjeux dramaturgiques du choix que Molière a fait de reléguer hors scène cette partie essentielle de l’action.
Offstage scenes in L’École des femmes
The balcony of the house where Arnolphe keeps Agnès holds a central place in Molière’s École des femmes: it allows the heroine to communicate with her lover Horace, who even tries to climb it in order to penetrate a house to which he is not allowed access. Balcony scenes are very frequent on the stage; here, however, Molière deals with this topos in a peculiar way: while Agnes’s house is actually part of the scenery, the balcony scenes are never shown to the audience, and are only narrated retrospectively. The aim of this essay is to understand the reason and the consequences of Molière’s choice to relegate this essential part of the action offstage.

Marc Douguet est chercheur post-doctoral à l’Université Paris-Sorbonne (Labex OBVIL). Sa thèse (à paraître chez Droz en 2017) était consacrée à la liaison des scènes dans le théâtre français du XVIIe siècle. Ses travaux actuels portent sur les structures dramatiques, la réception critique de Molière, la récurrence de motifs syntaxiques dans les pièces en vers et les enjeux de l’édition numérique des corpus théâtraux.
Marc Douguet is a post-doctoral fellow at Paris-Sorbonne University (OBVIL Centre for excellence, Labex). His PhD thesis (to be published by Droz in 2017) explored the articulation of scenes in French 17th-century drama. His current work focuses on dramatic structures, the critical reception of Molière, the recurrence of syntactic patterns in verse drama, and the challenges of digitally editing drama.

 

 

Matthieu Franchin (Paris-Sorbonne)

Les entractes musicaux de L’École des femmes : méthodologie pour une restitution archéologique
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, toute représentation théâtrale faisait appel à de la musique, y compris pour les pièces déclamées (tragédies et comédies) qui, même si elles ne comportaient pas d’intermèdes, étaient accompagnées de musique entre les actes. Ces airs de violon, à la mode, n’avaient aucun rapport avec la pièce et permettaient uniquement d’assurer la transition d’un acte à l’autre, pour conforter la vraisemblance et l’unité de temps. En vue d’une restitution d’entractes possiblement joués en 1662 pour L’École des femmes, il a fallu s’interroger sur les effectifs instrumentaux utilisés par la troupe de Molière, sur le répertoire musical, sur la durée de ces entractes, et enfin sur la disposition des musiciens dans la salle.
The musical interludes of L’École des femmes: methodology for an archeological restitution
In the 17th and 18th centuries, stage productions invariably used music, even for declamation drama (tragedies and comedies) which, even if they had no intermèdes, were nevertheless performed with music between the acts. These pieces of music, unrelated to the play, ensured the transition between acts, to sustain vraisemblance (verisimilitude) and unity of time. Restoring these musical interludes as they were probably played in 1662 for L’École des femmes raised a number of issues, such as the number of musicians used by Molière’s company, the repertoire, the length of the musical pieces, and the location of the musicians in the performance hall.

 

Matthieu Franchin est doctorant contractuel à l’Université Paris-Sorbonne. Il mène actuellement une thèse de musicologie intitulée « Les agréments du théâtre : musique et danse à la Comédie-Française (1680-1793) » sous la direction de Raphaëlle Legrand et Pierre Frantz. Ses travaux s’intéressent plus généralement aux arts du spectacle des XVIIe et XVIIIe siècles, et aux pratiques théâtres et musicales dites « historiquement informées ». Également musicien, il étudie le clavecin au Conservatoire à rayonnement régional de Paris (CRR).
Matthieu Franchin is a doctoral student at Paris-Sorbonne University and he is writing his PhD on “Les agréments du théâtre: musique et danse à la Comédie-Française (1680-1793)” under the supervision of Raphaëlle Legrand and Pierre Frantz. His research focuses on the performing arts of the 17th and 18th centuries, and historically informed music and drama practices. Also a musician, he is studying harpsichord at the Paris Conservatoire à rayonnement r&eacutm;giojaL (CRR).

 

 

Gérard Geay (GREAM, Université de Strasbourg)

Deux pièces restaurées pour la représentation de L’École des femmes
Imprimer une partition d'orchestre était un travail coûteux et laborieux. Seuls de grands succès comme Atys ou Armide de Lully pouvaient prétendre à l'honneur d'une telle publication. Les autres œuvres étaient généralement imprimées sans les parties internes. Par conséquent, les parties de Hautes-contre, de Tailles et de Quintes étaient irrémédiablement perdues. Cet article explique comment les parties internes des pièces utilisées comme musique de scène pour L'École des femmes ont été restaurées. Afin d'effectuer cette sorte de restauration, la connaissance des styles et techniques ainsi que des procédés des compositeurs de cette période est absolument indispensable.
Two restored music pieces for the performance of L’École des femmes
Printing an orchestral score was very costly and labour intensive. Only major successes, such as Lully’s Atys or Armide, were published. Other works were generally printed without the inner parts. Consequently, the parts for the Hautes-contre, the Tailles and the Quintes were lost. This essay explains how the inner parts of the pieces used as stage music for L'École des femmes have been restored. Restoration of this kind is dependent upon a knowledge of the styles and techniques of the period and of the composers' ways of working.

Gérard Geay a étudié l'écriture et la composition au Conservatoire de Paris. Il a également été producteur à Radio-France. Il a développé une méthode originale d'enseignement du contrepoint et de l'harmonie qui prend en compte le développement historique de la notation musicale et des techniques de composition. Il a fondé le département de musique ancienne au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Lyon. De 1998 à 2000, il a été Doyen du Centre de musique ancienne de Genève. De septembre 2000 à juillet 2009, il a été chercheur au Centre de musique baroque de Versailles(CMBV), où il a poursuivi son travail dans le domaine de la restauration des parties intérieures manquantes de l'orchestre. Depuis 2017, il est membre du Labex GREAM de l'université de Strasbourg.
Gérard Geay studied at the Paris Conservatoire de musique. A former producer at Radio-France, he developed an original method of teaching counterpoint and harmony that takes into account the historical development of musical notation and compositional techniques. He is the founder of the Department of Early Music at the Lyon Conservatoire national supérieur de musique et de danse. From 1998 to 2000, he was Dean of the Geneva Centre de musique ancienne. From September 2000 to July 2009, he was a research fellow at the Centre de musique baroque de Versailles(CMBV), where he continued his work in the restoration of missing orchestral inner parts. Since 2017, he is a member of the GREAM Centre for excellence (Labex) at Strasbourg University.

 

 

Cyril Lachèze (IHMC, Paris I-Panthéon-Sorbonne)

Le jeu du violon en France dans la seconde moitié du XVIIe siècle
La restitution d'une pièce de musique implique l'emploi d'instruments et de techniques de jeu cohérents avec le contexte de l'œuvre. Ces éléments étant généralement peu connus pour le violon français du XVIIe siècle, nous en donnons ici un aperçu permettant d'identifier les points à mettre en application. Le violon, dépourvu de toute pièce « romantique », est posé contre l'épaule ou la poitrine. L'archet de danse français, court, concave et à hausse coincée, est tenu avec le pouce sous la hausse. Ces données sont extrêmement différentes de la pratique courante du violon baroque telle qu'enseignée dans les conservatoires français, mais doivent primer sur les habitudes de l'interprète. Une telle technique est en effet parfaitement adaptée à la musique française de l'époque de Lully, et permet en conséquence d'obtenir un meilleur résultat sonore qu'un usage anachronique d'une tenue d'influence italienne postérieure de presque un siècle.
Playing the violin in France in the second half of the 17th century
The restitution of a music piece implies the use of instruments and of playing techniques consistent with the context of the piece. This is generally ignored for the French 17th-century violin, hence this essay, which identifies the points that need to be put into practice. The violin of the time, which has no « romantic » part, is held against the shoulder or the chest. The French dance bow, short, concave and with a clip-in bow frog, is held with the thumb under the frog. This technique differs totally from the usual practice of the baroque violin as taught in French conservatories, and must have priority over the practices of the interpreter, since it is perfectly adapted to French music in Lully’s time: the sound result achieved is an improvement over the anachronistic use of a handling of posterior Italian influenced of almost a century.

Cyril Lachèze est doctorant au sein de l'équipe d'Histoire des techniques de l'Université Paris 1. Ses recherches explorent les liens entre la pratique et la mise par écrit des techniques ; dans cette optique, son mémoire de Master 2 a porté sur la tenue du violon et de l'archet baroques. Il a par ailleurs suivi un cursus de conservatoire en violon moderne et s'est formé au violon baroque de manière autodidacte. Il applique à sa pratique de l'instrument les conclusions de ses recherches universitaires, en respectant au plus près la documentation existante pour chaque contexte musical.
Cyril Lachèze is a PhD student and a member of the History of Techniques team at Paris 1 University. His research explores the links between practice and texts of techniques; in line with this approach, his Master’s thesis deals with the baroque violin and bow handling. Furthermore, he followed a conservatory modern violin course. He applies the conclusions of his research to his instrument practice, while respecting the existing documentation to each musical context.

 

 

Jean-Noël Laurenti (CESR, Université de Pau) et Bénédicte Louvat-Molozay (IRCL, Université Paul-Valéry Montpellier 3) 

La notion de « naturel » et la place de l’« écart » dans les genres dramatiques
Une tradition qui remonte au XVIIe siècle met en avant l’idée d’un Molière « naturel », peignant la vie de façon réaliste. Pourtant, la dramaturgie et le langage de Molière accordent une place importante à l’artifice. Dans l’esthétique classique, l’artifice est un levier essentiel pour que le spectateur porte une vision distanciée sur la vie. D’où, en matière d’elocutio, un « écart » entre le langage de la comédie et le langage courant, à partir duquel les chercheurs peuvent former et expérimenter des hypothèses nouvelles en matière de prononciation.
The notion of the “natural” and the place of “distance” in dramatic genres
A tradition, dating back to the 18th century, emphasizes the idea of a “natural” Molière, who depicts life in a realistic way. However, Molière’s dramaturgy and language give an important place to artifice. In classical aesthetics, artifice is a major lever whereby the spectator is invited to adopt a distanced view of life. Which explains, in terms of elocutio, the “distance” between the language of comedy and everyday language, from which researchers can develop and test new hypotheses about pronunciation.

Jean-Noël Laurenti, maître de conférence honoraire en littérature française du XVIIe siècle et chercheur associé au Centre d’études supérieures de la Renaissance (CESR, UMR 7323), est président de l’Association pour un Centre de recherche sur les arts du spectacle aux XVIIe et XVIIIe siècles (ACRAS), société savante dont le but est le développement de la restitution archéologique des techniques de scène (théâtre, danse, chant et scénographie).
Jean-Noël Laurenti is an emeritus senior lecturer in French 17th-century literature and an associated research fellow of the Centre d’études supérieures de la Renaissance (CESR, UMR 7323). He is the chair of the Association pour un Centre de Recherche sur les Arts du Spectacle aux XVIIe et XVIIIe siècles (ACRAS), a scholarly society which aims to develop the archaeological restitution of stage and performance techniques (drama, dance, singing and scenography).
Bénédicte Louvat-Molozay est maître de conférences habilitée à diriger des recherches en littérature française à l’université de Paul Valéry – Montpellier 3 et membre de l’IRCL – UMR 5186 du CNRS. Ses travaux portent sur le théâtre français du xviie siècle ; elle est notamment l’auteure de L’« Enfance de la tragédie » (1610-1642). Pratiques tragiques françaises de Hardy à Corneille (Paris, PUPS, 2014) et a dirigé un numéro de Littératures classiques sur « Français et langues de France dans le théâtre du xviie siècle » (n°87, 2015).
Bénédicte Louvat-Molozay is a senior lecturer in French literature at Université Paul-Valéry Montpellier 3 and a member of the IRCL (UMR 5186 CNRS). Her research focuses on French 17th-century drama. She has published L’« Enfance de la tragédie » (1610-1642): Pratiques tragiques françaises de Hardy à Corneille (Paris, PUPS, 2014) and directed « Français et langues de France dans le théâtre du XVIIe siècle » (Littératures classiques, n°87, 2015).

 

Bénédicte Louvat-Molozay (IRCL, Université Paul-Valéry Montpellier 3)

L’obscénité : du texte à la scène
Dès sa création, L’École des femmes est considérée comme une pièce obscène. Si l’on en croit les contemporains, cette obscénité est circonscrite à certains lieux du texte, et particulièrement à la célèbre scène du le, abondamment commentée au cours de la Querelle de L’École des femmes. Or l’obscénité de la pièce repose sur deux éléments dont l’interaction joua assurément un rôle fondamental dans la réception de la pièce : le double sens ou équivoque du texte d’une part, le jeu des comédiens d’autre part, et notamment les divers lazzi et grimaces dont Molière s’était fait une spécialité.
Obscenity: from text to scene
Since its creation, L’École des femmes has been regarded as an obscene drama. If one believes Molière’s contemporaries, this obscenity is circumscribed to certain moments in the text, and especially to the famous scene of le, amply commented during the Quarrel of L’École des femmes. The obscenity of this play rests on two elements whose interaction certainly played an essential role in its reception: the double meaning or ambiguity of text on the one hand, the game of the actors on the other hand, and particularly the lazzi and grimaces of which Molière had made a specialty.

 

Bénédicte Louvat-Molozay est maître de conférences habilitée à diriger des recherches en littérature française à l’Université de Paul Valéry – Montpellier 3 et membre de l’IRCL – UMR 5186 du CNRS. Ses travaux portent sur le théâtre français du XVIIe siècle ; elle est notamment l’auteure de L’« Enfance de la tragédie » (1610-1642). Pratiques tragiques françaises de Hardy à Corneille (Paris, PUPS, 2014) et a dirigé un numéro de Littératures classiques sur « Français et langues de France dans le théâtre du xviie siècle » (n°87, 2015).
Bénédicte Louvat-Molozay is a senior lecturer in French literature at Université Paul-Valéry Montpellier 3 and a member of the IRCL (UMR 5186 CNRS). Her research focuses on French 17th-century drama. She has published L’« Enfance de la tragédie » (1610-1642): Pratiques tragiques françaises de Hardy à Corneille (Paris, PUPS, 2014) and directed « Français et langues de France dans le théâtre du XVIIe siècle » (Littératures classiques, n°87, 2015).

 

 

Pierre Pasquier (CESR, Université de Tours)

Le décor de L’École des femmes : hypothèses pour une reconstitution
Pour reconstituer le dispositif scénographique dans lequel a été représentée L’École des femmes au XVIIe siècle, en l’absence de tout croquis technique d’époque, il faut puiser à trois sources d’informations : l’ensemble des marqueurs spatiaux inscrits dans le texte de l’édition originale publiée en 1663, les documents relatifs à la création ou à la reprise de la pièce, le frontispice ornant le volume de l’édition originale et attribué à Chauveau. Les éléments tirés de ces diverses sources permettent d’établir que la pièce a été créée au Palais-Royal en 1662 dans un dispositif figurant un carrefour comique à l’italienne traditionnel et que Molière souhaitait que sa comédie fût reprise par les autres troupes dans un dispositif similaire. 
The scenery of L’École des femmes: hypotheses for a reconstitution
In order to reconstitute the set design for the staging of L’École des femmes in the 17th century in the absence of contemporary technical sketches, one needs to draw on three sources: the various spatial markers in the text of the original edition published in 1663; the documents relating to the creation or revival of the play; and the frontispiece decorating the original edition and attributed to Chauveau. From this information it appears that the play was first staged in the Palais-Royal using a comic crossroads of the traditional Italian kind and that Molière wished his comedy to be revived by other companies using a similar scenic arrangement.

Pierre Pasquier est professeur à l’Université François Rabelais de Tours et au Centre d’études supérieures de la Renaissance (CESR, UMR 7323)
). Il étudie la scénographie, l’architecture théâtrale et le théâtre de dévotion en France au xviie siècle. Il a publié trois ouvrages : La Mimèsis dramatique au XVIIesiècle (Klincksieck, 1995) ; Le Mémoire de Mahelot (Champion, 2005) ; La représentation théâtrale au XVIIesiècle (dirigé avec Anne Surgers, Armand Colin, 2011). Il a publié aussi plusieurs éditions critiques de pièces (Rotrou, Ternet, Baro, Pierre Corneille).
Pierre Pasquier is professor at University François Rabelais of Tours and at the Centre d’études supérieures de la Renaissance (CESR, UMR 7323). He studies scenography, theatre architecture and religious drama in 17th-century France. He is the author of three books: La Mimèsis dramatique au XVIIesiècle (Klincksieck, 1995); Le Mémoire de Mahelot (Champion, 2005); La représentation théâtrale au XVIIesiècle (dirigé avec Anne Surgers, Armand Colin, 2011). He has also published critical editions of several plays by Rotrou, Ternet, Baro and Pierre Corneille.

 

 

Frédéric Sprogis (Paris) et Tiphaine Poquet (ENS de Lyon)

Vivre une mise en scène « historiquement informée ». Parcours de recherche et formation des comédiens
En tant que comédiens apprentis et jeunes chercheurs membres du Théâtre à la Source, nous nous proposons dans cet article de rappeler  quelques moments clefs de notre travail collectif sur L'École des femmes. Puis de revenir au temps individuel, celui de l’apprentissage par strates du texte, des gestes et du maniement des costumes. Faire l’anamnèse de notre trajet  dans ce projet est une manière de réfléchir à ce que la pratique historiquement informée peut éclairer du texte de Molière. Une manière aussi de ressaisir cette contrainte du naturel qui suscita surprise et interrogation dans notre apprentissage. Le prolongement de la réflexion quant au possible partage de ce travail gros de trois ans, est l’occasion de saisir la spécificité de cette expérience, ce qui la rend en partie intransmissible, autant que ce qui, en elle, rejoint toute pratique théâtrale. Enfin, nous rappelons que si les sources enrichissent, elles laissent aussi de nombreuses questions dans l’ombre, comme celle  de la bêtise d’Agnès. Faire émerger certaines limites des sources n’empêche néanmoins nullement de les utiliser comme origine, en même temps que lieu de retour pour la pratique.
Living a “historically informed” staging: Journey of the research and formation of actors
As actors and researchers, members of the “Théâtre à la source” company, we wish to present some key moments of our collective work on L’Ecole des Femmes. Our contribution will then focus on the progressive and personal way we learned to master pronunciation, gestures, and the wearing of costumes. Looking back on our journey enables us to reflect on how a historically informed practice can enlighten Moliere’s text. But it is also a way to understand the constraint of a “natural” approach, which brought up many questions and surprises during our learning. Furthermore, this contribution probes the extent to which this three-year-long project may be shared, considering that, on the one hand, the uniqueness of the experience means that much of this cannot be taught, and, on the other hand, some of it is common to any theatrical experience. While working on historical sources is useful, many questions remain unanswered, among which Agnès’s foolishness and how to stage this. Nonetheless, sources, even when their limitations become apparent, can be a starting-point as well as a space actors may return to in their work.

Tiphaine Pocquet est agrégée de lettres modernes et ATER à l'ENS de Lyon, elle prépare une thèse sur l’oubli des guerres civiles dans les tragédies françaises du début du XVIIe siècle, sous la direction d’Hélène Merlin-Kajman. En partant de la loi d’oubli signée en 1598 à la fin des guerres civiles, son travail croise une approche historique et l'étude des textes théâtraux pour comprendre comment la tragédie met en débat la notion d’oubli. Outre l'enseignement et ses activités de recherche, elle a pratiqué le théâtre « baroque » dans la troupe du Théâtre à la source et elle chronique des spectacles pour des revues en ligne.
Tiphaine Pocquet holds an agrégation in French Literature and works at the École normale supérieure (ENS) in Lyon. She is writing a PhD, under the supervision of Professor Hélène Merlin-Kajman, on the theme of oblivion in early 17th-century French tragedies. Starting with the oblivion law passed in 1598 as part of the Édit de Nantes, which put an end to the wars between Catholics and Protestants in France, her work combines theatrical studies with a more historical approach, in order to understand the way in which French drama stages and addresses oblivion after the civil wars. A member of the “Théâtre à la source” company, she has worked on baroque pronunciation and reviews plays for online journals.

Frédéric Sprogis est agrégé de lettres modernes. Il prépare une thèse à l’Université Paris-Sorbonne, sous la direction de Georges Forestier, consacrée à la fureur dans la tragédie française de 1553 à 1653. Il enseigne la littérature au lycée René Cassin d’Arpajon. Il est secrétaire de l’Association Française pour un Théâtre à la Source (AFTS) et joue le rôle d’Horace dans la production de l’École des Femmes ici présentée.
Frédéric Sprogis is an agrégé teacher in French modern literature. He teaches French literature at the René Cassin high school in Arpajon, and is completing his PhD under the supervision of Professor Georges Forestier on the theme of fury in French tragedy from 1553 to 1653. He is the secretary of the Association Française pour un Théâtre à la Source (AFTS) and he played Horace in the production of Molière’s Ecole des Femmes that is presented in this issue of Scene Focus.

 

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